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La Cour des Miracles

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La Cour des Miracles

Message  Ombre450 le Dim 15 Déc 2013 - 15:55

rien que le nom j'adore
sur un autres forum une fille a fait un post sur ça que j'ai touver super donc je partage

A-t-elle existé cette « cours des miracles » ? Celle que nous décrit Victor Hugo dans Notre Dame de Paris ? Mais oui, elle a bien existé.


Il ne fait pas bon du tout flâner la nuit dans le deuxième arrondissement actuel de Paris au XVIIème siècle. Il n’y a que les brigands pour s’aventurer par ici et pour cause : c’est là que se niche cette fameuse Cour des Miracles, Royaume des gueux. D’après les descriptions des écrivains (et de certains historiens) cette « cour » serait immense. Ce n’est pas le cas, elle ne couvre en réalité que la moitié d’un terrain de football. Mais elle abrite plusieurs centaines de familles !

La première « Cour des Miracles » serait apparue au XIIème siècle, et au XVIIème siècle, on compte une douzaine d’endroits comme celui-ci dans Paris.

Mais cette Cour des Miracles là, celle de Victor Hugo, est la plus célèbre. Chaque nuit rue Neuve Saint Sauveur on danse, on boit, on s’allonge dans la paille avec les «marquises», ces femmes qui dans la journée mendient en serrant contre elle une poupée qu’elles font passer pour un nourrisson.

La description de Henri Sauval :

« Elle consiste en une place d’une grandeur très-considérable, et en un très-grand cul-de-sac puant, boueux, irrégulier, qui n’est point pavé. Autrefois il confinoit aux dernières extrémités de Paris. A présent (sous le règne de Louis XIV), il est situé dans l’un des quartiers des plus mal bâtis, des plus sales et des plus reculés de la ville, entre la rue Montorgueil, le couvent des Filles-Dieu et la rue Neuve-Saint-Sauveur, comme dans un autre monde. Pour y venir, il se faut souvent égarer dans de petites rues vilaines, puantes, détournées ; pour y entrer, il faut descendre une assez longue pente, tortue, raboteuse, inégale. J’y ai vu une maison de boue, à demi enterrée, toute chancelante de vieillesse et de pourriture, qui n’a pas quatre toises en carré, et où logent néanmoins plus de cinquante ménages chargés d’une infinité de petits enfants légitimes, naturels ou dérobés. On m’a assuré que, dans ce petit logis et dans les autres,habitoient plus de cinq cents grosses familles entassées les unes sur les autres.Quelque grande que soit cette cour, elle l’étoit autrefois beaucoup davantage.De toutes parts, elle étoit environnée de logis bas, enfoncés, obscurs, difformes, faits de terre et de boue, et tous pleins de mauvais pauvres. »


La cour des miracles est le Quartier Général d’une organisation de criminels justement très bien organisés. Le Roi des Gueux (ou Grand Coesre) préside. Couronné d’emplâtres et affublé d’un sceptre décoré d’un cadavre de chien (chacun ses goûts hein), il est le monarque absolu de tous les sujets qui lui ramènent leur tribut. Des lieutenants à son service se chargent de recouvrer « l’impôt » dû par chacun, de veiller au respect des règles et servent également de professeurs aux nouvelles recrues.

On parle l’argot, à la cour des miracles, où le principal emploi est « d’atrimer au passeligourd » (voler).

Les sujets se répartissent en trois grandes familles : les voleurs, les mercelots (ceux qui vendent de la marchandise volée) et les mendiants. Dans la catégorie des mendiants il y a les estropiés (ils ne le sont pas bien sûr), les « sabouleux », eux feignent des crises épileptiques en mâchant du savon, pendant que les « malingreux » montrent leurs membres couverts d’atroces plaies, ulcères ou pustules de tout genre (des emplâtres de farine, de lait, de sang de bœuf…).

Bien entendu tous ces maux ont vite fait de disparaître à la nuit tombée. Le cul de jatte court à toutes jambes, le muet se met à parler et les affreuses plaies du lépreux guérissent vitesse grand V. Ce sont bien ces guérisons « miraculeuses » sur lesquelles on plaisante dans Paris qui donneront ce nom : « La Cour des Miracles ».

Il faut faire ses preuves pour monter en grade à la Cour des Miracles. « L’apprenti », en équilibre sur un pied, doit savoir couper une bourse sans en faire tinter les grelots . « L’aspirant » lui, doit dérober une bourse alors même qu’il est dénoncé à la foule par ses complices. C’est l’indignation, et pendant ce temps-là, les complices font les fouilles (les poches) des gens qui se sont attroupés. Du coup, de tous les volés, personne ne sait à qui s’en prendre, et tout le monde s’envole s’en va. Pour les voleurs, c’est le « chef d’œuvre » parfait.

C’est en 1622 qu’on retrouve le premier texte qui parle de La Cour des Miracles de la rue Neuve Saint Sauveur. En 1630, on tentera bien de la démanteler (notamment pour y faire passer une nouvelle rue), mais ce sera sans succès : les maçons sont assassinés, les baraques de torchis qui s’élèvent autour de la Cour restent intactes.



En 1661 la police royale ne s’approche pas de ces quartiers. Les agents sont mal recrutés, tous infiniment corruptibles et quand ils mettent la main sur un criminel, ce dernier a tôt fait d’acheter sa liberté. La situation devenant intolérable, Louis XIV réforme la Police et entre en scène Gabriel Nicolas de La Reynie, en1667. Celui-ci commence par augmenter ses effectifs et fait poser des lanternes dans les rues. Partout dans Paris, les Cours des Miracles sont démantelées, une seule lui résiste, vous savez déjà laquelle… (mais non c’est pas le petit village bretonroo, n’importe quoi !)

En 1667, fort d’une escouade de 150 agents, Gabriel Nicolas de la Reynie donne l’assaut rue Neuve Saint Sauveur. Les occupants, fourches, fusils, dagues, n’importe quoi à la main, chargent la Police et la repoussent trois fois. Gabriel Nicolas de la Reynie lance alors l’ultimatum suivant :

« Jepourrais me montrer sévère et réprimer impitoyablement votre révolte. Je vous laisse une dernière chance : mes sapeurs vont percer des brèches dans vos murailles. Vous avez une heure pour déguerpir par ces issues. Passé ce délai, ceux qui restent paieront pour tout le monde ».


C’est la débandade, les gueux s’enfuient, la Cour des Miracles se vide en bien moins d’une heure. Les occupants rejoignent la province, l’hôpital général de Paris : la Grande Cour des Miracles n’est plus.


Elle sera ressuscitée sous la plume de Victor Hugo (il prendra beaucoup de libertés avec l’histoire), en 1831, dans « Notre Dame de Paris » :

Le pauvre poète jeta les yeux autour de lui. Il était en effet dans cette redoutable cour des Miracles, ou jamais honnête homme n'avait pénétré à pareille heure ; cercle magique ou les officiers du Châtelet et les sergents de la prévôté qui s'y aventuraient disparaissaient en miettes ; cité des voleurs, hideuse verrue à la face de Paris ; égout d’où s'échappait chaque matin, et ou revenait croupir chaque nuit ce ruisseau de vices, de mendicité et de vagabondage toujours débordé dans les rues des capitales ; ruche monstrueuse où rentraient le soir avec leur butin tous les frelons de l'ordre social ; hôpital menteur où le bohémien, le moine défroqué, l'écolier perdu, les vauriens de toutes les nations, espagnols, italiens, allemands, de toutes les religions, juifs, chrétiens, mahométans, idolâtres, couverts de plaies fardées, mendiants le jour, se transfiguraient la nuit en brigands ; immense vestiaire, en un mot, où s'habillaient et se déshabillaient à cette époque tous les acteurs de cette comédie éternelle que le vol, la prostitution et le meurtre jouent sur le pavé de Paris.

ici le lien du sujet (il y a des illustration)
http://www.forumfr.com/sujet572652-la-cour-des-miracles.html
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