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Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

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Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:09

17.09.2017

PS: Comme le texte est plutot long, je risque de le poster graduellement
PPS: Texte commencant au chapitre 6
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psaume23.1

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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:12

Chapitre VI

1 — Peu m'importe, reprit le vieillard, et Platon et Pythagore, et tous ceux qui partagent leurs idées. Voici la vérité qu'ils n'ont pas comprise et que vous comprendras facilement. Ou l'âme est la vie même, ou seulement elle la reçoit. Si elle est la vie, elle doit la communiquer à un autre objet qu'à elle-même, comme le mouvement qui ne se renferme pas en lui, mais se communique au-dehors. Que l'âme vive, personne ne le nie ; mais si elle vit, ce n'est pas parée qu'elle est la vie, c'est seulement parce qu'elle y participe. Or, il y a une grande différence entre participer à une chose et être la chose elle-même. L'âme participe à la vie uniquement parce que Dieu veut qu'elle vive, 2 et si Dieu cessait de le vouloir, elle cesserait d'exister, car la vie n'appartient pan en propre à l'âme comme elle appartient à Dieu. Qui ne sait pas que l'homme n'existe pas toujours, que l'âme n'est pas toujours unie au corps, qu'elle l'abandonne quand leur union doit cesser, et qu'alors l'homme n'est plus? Hé bien! de même si Dieu veut que l'âme finisse, le souffle vital se retire d'elle, elle s'éteint, elle retombe dans le néant d'où elle est sortie.

Chapitre VII

1 — Mais, repris-je, à quels maîtres recourir, quel appui réclamer pour nous soutenir, si ces grands génies eux-mêmes ont ignoré la vérité?
Il me répondit : — A une époque fort éloignée de la nôtre, bien avant tous vos philosophes vivaient des hommes justes, saints, agréables à Dieu, remplis de son esprit. Inspirés d'en haut, ils annoncèrent tous les événements que nous voyons s'accomplir sous nos yeux. Ces hommes, ce sont les prophètes. Seuls ils ont connu la vérité et l'ont fait connaître. Étrangers à la crainte, exempts de vanité, mais remplis de l'esprit de Dieu, ils publiaient ce qu'ils avaient vu et entendu. 2 Leurs écrits existent encore. Ceux qui les lisent attentivement et sans prévention comprennent le principe et la fin de toutes choses, et savent bientôt tout ce que doit savoir un véritable philosophe. Ils ne discutaient pas quand il fallait parler. Ils étaient les témoins de la vérité, et combien leur témoignage est supérieur à tous les raisonnements! Les événements passés et ceux qui arrivent tous les jours nous forcent impérieusement de croire à leurs paroles. 3 Ils célébraient la gloire de Dieu le père, le souverain arbitre de l'univers. Ils annonçaient aux hommes celui que Dieu nous a envoyé, c'est-à-dire le Christ, son fils. Vous ne trouvez rien de semblable chez ces faux prophètes, que remplit l'esprit impur, l'esprit de [......]. Ils cherchent à éblouir par des prestiges, et ne célèbrent que l'esprit d'erreur qui les animait, je veux dire le démon. Mais, avant tout, demandez que les portes de la lumière s'ouvrent pour vous. Qui peut voir et comprendre, si Dieu et son Christ ne lui donnent l'intelligence?

Chapitre VIII

1 Ainsi me parla le vieillard. Il me dit encore beaucoup d'autres choses qu'il est inutile de rapporter ici, et disparut en me recommandant de méditer ses paroles. Je ne l'ai pas revu depuis, mais un feu secret me dévorait; je brûlais du désir de connaître les prophètes et les hommes divins amis du Christ. En repassant dans mon esprit tout ce que m'avait dit le vieillard, je pensais que là devait se trouver la seule philosophie utile et certaine. 2 Vous savez maintenant comment et pourquoi je suis philosophe. Je n'ai plus qu'un désir, c'est de voir tous les hommes entrer dans la même voie et ne pas s'éloigner de la doctrine du Sauveur. Et elle respire je ne sais quelle majesté terrible, bien capable d'effrayer les hommes qui ont abandonné le droit chemin. Ceux qui méditent cette doctrine y trouvent au contraire le plus délicieux repos. Si vous vous intéressez à vous-mêmes, si avec le désir du salut, vous avez confiance au Dieu qui veut vous le procurer, venez vous instruire à l'école du Christ, faites-vous initier à ses mystères et vous pourrez connaître le bonheur.
3 A ces mots, les compagnons de Tryphon poussèrent un grand éclat de rire. Pour lui, il me dit en souriant : — J'applaudis au motif qui vous anime, au zèle tout divin qui vous embrase ; mais il eût mieux valu rester disciple de Platon ou d'un autre philosophe, et vous appliquer à acquérir la constance, l'empire sur les passions, la sagesse, que de vous laisser prendre à tout ce faux langage et de vous attacher à des hommes méprisables ; en demeurant fidèle à vos principes et vivant sans reproche, vous conserviez l'espoir d'une vie meilleure. Mais, quand vous abandonnez Dieu pour croire à la parole d'un homme, quel espoir de salut peut vous rester? 4 Si vous voulez m'en croire, car je vous regarde déjà comme un ami, faites-vous d'abord circoncire, puis observez le sabbat, les fêtes, les nouvelles lunes comme la loi le prescrit; en un mot, faites tout ce qu'elle commande, peut-être alors trouverez-vous grâce devant le Seigneur. Si le Christ est né et demeure quelque part, il est inconnu, il ne se connaît pas lui-même et n'a aucun moyen de se faire connaître. Il faut d'abord que le prophète Elle vienne lui donner l'onction sainte et le révèle à la terre. Sur de vains bruits, vous avez rêvé un Christ qui n'est que dans votre imagination, et dupe de vous-même, vous coures aveuglément à votre perte.

Chapitre IX

1 — Puisse le Seigneur vous le pardonner et vous faire grâce, ô Tryphon ! Vous blasphémez ici ce que vous ignorez. Vous croyez sur parole vos docteurs qui n'entendent pas les Écritures, et trompé par leurs fausses interprétations, vous dites au hasard tout ce qui vous vient à l'esprit Si vous le voulez, je vous montrerai que ce n'est pas nous qui sommes dans l'erreur. Vous comprendrez que rien n'est capable de nous empêcher de confesser le Christ; non, quand le tyran le plus farouche nous le défendrait, quand nous aurions à redouter tous les genres d'outrages. Je vous ferai voir que notre foi repose, non sur de vaines fables, mais des discours dépourvus de raison, mais sur une parole toute divine, pleine de force, riche de grâce.
2 Les compagnons de Tryphon recommencèrent leurs éclats de rire et poussèrent des cris indécents. Alors je me levai pour m'en aller. Mais Tryphon m'arrêta en me retenant par mon manteau, et me dit qu'il ne me laisserait point sortir que je n'eusse acquitté ma promesse.
— Que vos compagnons cessent donc leur bruit, lui répondis-je, et se comportent autrement : s'ils .veulent nous entendre, qu'ils se taisent; ou si quelque objet plus intéressant les appelle autre part, qu'ils nous laissent. Pour nous, mettons-nous un peu à l'écart et poursuivons en repos notre discussion.
3 Tryphon accepta la proposition, et nous fûmes d'avis de nous retirer au milieu du stade qui se trouvait dans le Xiste. Deux de ses compagnons se moquèrent de nous, et, après quelques plaisanteries sur le zèle qui nous enflammait, ils s'en allèrent. Quand nous fûmes arrivés dans l'endroit où se trouvent deux rangs de sièges en pierre, les amis de Tryphon, qui s'étaient assis d'un côté, s'entretinrent quelques instants de la dernière guerre de Judée, sur laquelle l'un d'eux avait amené la conversation.

Chapitre X

1 Lorsqu'ils eurent fini, je pris la parole en ces termes:
— Mes amis, que nous reprochez-vous? Est-ce de ne pas vivre selon la loi, de ne pas nous soumettre à la circoncision, ainsi que le faisaient vos pères; de ne point observer comme vous le jour du sabbat ? ou bien croyez-vous les odieuses calomnies répandues parmi vous contre les mœurs et les habitudes des Chrétiens; et, s'il faut ici les rappeler, nous aurait-on peints à vos yeux comme des hommes qui mangent de la chair humaine, qui, le repas fini et les lumières éteintes, se livrent aux plus Infâmes débauches; ou bien, enfin, nous condamnez-vous seulement parce que nous suivons la religion du Christ, parce que nous professons une doctrine qui ne vous semble pas la vérité?
2 — Oui, reprit Tryphon, ce que vous venez de dire en dernier lieu est la seule chose qui nous étonne ; pour les discours de la multitude, ils ne méritent pas d'être répétés et répugnent trop à la nature. Je trouve, au contraire, dans le livre que vous appelez Évangile de très beaux préceptes de, morale, mais si élevés et si sublimes, que je les crois impraticables; car j'ai eu la curiosité délire ce livre. 3 Mais n'est-il pas étonnant que des hommes qui se piquent de piété, qui prétendent par là se distinguer des autres, n'en diffèrent en aucune manière et ne vivent pas mieux que les gentils? En effet, vous n'observez ni les fêtes, ni le sabbat, ni la circoncision; vous placez votre espérance dans un crucifié, vous ne suivez aucun des préceptes du Seigneur, et vous osez attendre de lui des récompenses ! Ne lisez-vous pas, dans le Testament qu'il nous a donné, que tout homme qui n'aura pas été circoncis le huitième jour périra d'entre son peuple? La loi comprend jusqu'aux étrangers qui vivent parmi nous, jusqu'aux esclaves que l'on achète. 4 Vous ne tenez compte ni du Testament, ni de ses conséquences! Comment donc nous persuaderez-vous que vous connaisses Dieu, lorsque vous ne faites rien de ce qu'on voit faire à tous ceux qui le craignent? Montrez-nous, si vous le pouvez, sur quoi se fonde votre espoir quand vous transgressez la loi; donnez-nous une raison qui nous satisfasse: alors nous vous écouterons très volontiers, et c'est avec le même plaisir que nous discuterons tout le reste avec vous.

Chapitre XI

1 Je repris en ces termes : Le seul Dieu véritable, Tryphon, celui qui a toujours été et qui sera toujours, c'est l'auteur de cet univers et du bel ordre qu'on y admire. Nous n'avons pas un autre Dieu que le vôtre, nous adorons avec vous celui dont la main puissante à tiré vos pères de la terre d'Égypte; c'est en lui que nous espérons comme vous, car il n'y en a point d'autre : c'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob; mais ce n'est ni par Moïse, ni par la toi que nous espérons en lui ; car alors nous serions ce que vous êtes. 2 J'ai lu dans les Écritures que Dieu devait donner une nouvelle loi, un autre Testament qui ne serait jamais aboli ; c'est cette loi, c'est ce Testament que doivent désormais observer ceux qui veulent avoir part à l'héritage céleste. La loi donnée sur le mont Horeb est ancienne, elle était pour vous seuls; la nouvelle est pour tous les peuples. Substituée à la première, elle l'abroge entièrement, comme le Testament nouveau abolit celui qui le précède. Cette loi tout à la fols éternelle et nouvelle, cet autre Testament qui doit toujours durer, après lequel il n'y a plus ni loi, ni précepte qui oblige, c'est le Christ. 3 N'avez-vous jamais lu ces parabole d'Isaïe:
 « Écoutez, ô mon peuple, et vous rois de la terre, prêtes l'oreille à ma voix : la loi sortira de ma bouche, ma justice éclairera les peuples; le juste approche, le Sauveur s'avance, les nations espéreront en moi. »"
 Voilà pour la loi. C'est ainsi que le Seigneur parle du Testament par la bouche de Jérémie :
« Voici que les jours viennent, je donnerai un Testament nouveau à la maison d'Israël et à celle de Juda; ce n'est plus celui que j'avais donné à leurs pères, lorsque je les pris par la main pour les tirer de la terre d'Égypte. »
4 Puisque Dieu avait annoncé qu'il donnerait un Testament nouveau, et que ce Testament serait la lumière des nations; puisque nous voyons les peuples, au nom de Jésus crucifié, abandonner les idoles et toutes les autres voies iniques pour venir au vrai Dieu; puisque rien, pas même l'aspect de la mort, ne peut les détacher de son culte et les empêcher de confesser son nom, n'avez-vous pas une preuve certaine, d'après les œuvres et les miracles qui s'opèrent, que la nouvelle loi, le nouveau Testament, l'espérance de ceux qui, parmi les nations, attendent l'héritage promis, c'est Jésus-Christ lui-même ? 5 Nous sommes aujourd'hui la race spirituelle et véritable d'Israël, de Juda, de Jacob, d'Isaïe et d'Abraham qui reçut de Dieu la circoncision, en témoignage de sa foi, qui fut béni et appelé le père d'un grand nombre de nations. Oui, dis-je, nous formons la race sainte qui lui fat promise, nous qui n'avons connu le vrai Dieu que par Jésus crucifié, comme la suite de cette discussion le fera voir.
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psaume23.1

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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:13

Chapitre XII

1 Alors je leur citai ces paroles d'Isaïe, qui s'écrie dans un autre endroit :
« Écoutez ma voix et vous vivres, et je vous donnerai le Testament éternel promis à mon serviteur David : je l'ai donné pour témoin aux peuples de la terre. Les nations qui ne te connaissent pas t'invoqueront, les peuples qui t'ignorent se réfugieront vers toi, à cause da Seigneur ton Dieu, le Dieu saint d'Israël qui t'a glorifié. »
2 Et voilà la loi que vous outragez, et voilà le Testament saint et nouveau que vous méprisez ! A cette heure même, vous ne voulez ni le reconnaître, ni faire pénitence:
« Vos oreilles sont encore fermées, vos yeux aveuglés et vos coeurs endurcis. »
Jérémie annonce hautement le nouveau législateur, et vous n'entendez pas sa voix; ce législateur est au milieu de vous, et vous ne le voyez pas; les pauvres reçoivent l'Évangile, les aveugles voient, et vous ne comprenez pas ! 3 Il faut maintenant une circoncision nouvelle, et vous ne vous glorifiez que dans celle de la chair. La nouvelle loi vous ordonne de célébrer un sabbat éternel, et lorsque vous vous êtes reposés un seul jour, vous vous croyez les plus religieux des hommes. Vous ignorez pourquoi votre sabbat, votre circoncision ont été établis. Parce que vous mangez un pain sans levain, vous vous imaginez avoir accompli toute justice. Ce n'est pas là ce que demande le Seigneur notre Dieu. Si quelqu'un est parjure ou voleur, qu'il cesse de l'être ; s'il est adultère, qu'il fasse pénitence; c'est alors qu'il célébrera le vrai sabbat, le sabbat le plus agréable à Dieu. SI quelqu'un n'a pas les mains pures, qu'il se lave dans l'eau, et le voilà purifié.

Chapitre XIII

1 Mais ce n'est pas à de semblables ablutions que vous renvoie Isaïe, pour vous purifier du meurtre ou d'autres crimes semblables; toute l'eau de la mer ne serait pas capable de les effacer. Mais il annonçait déjà le seul bain salutaire, le seul véritable, celui de la pénitence, ce baptême qui purifie non par le sang des boucs et des brebis, ou par le sacrifiée d'une génisse, ou par une offrande de farine, mais par la foi au sang de celui qui est mort pour expier le péché. Et n'est-ce pas ce que signifient ces paroles d'Isaïe:
2 « Le Seigneur a déployé son bras aux yeux des nations; tous les peuples, jusqu'aux confins de la terre, verront le salut qui vient de Dieu. Retirez-vous, retirez-vous; sortez et ne touchez rien d'impur. Sortez du milieu de la foule, sépares-vous, ô vous qui portez les vases du Seigneur, vous ne marcherez pas en tumulte, le Seigneur précédera vos pas, le Seigneur Dieu d'Israël vous rassemblera. Mon serviteur sera plein d'intelligence, grand et élevé en gloire ; 3 ainsi que plusieurs se sont étonnés, Jérusalem, à la vue de tes ruines, son visage sera sans éclat et sa figure méprisée. Mais la multitude des nations l'admirera, devant lui les rois garderont le silence; car ceux à qui il n'a point été annoncé verront, ceux qui n'ont point entendu comprendront. Qui croira à notre parole? Pourquoi le bras du Seigneur a-t-il été révélé ? Nous l'avons annoncé comme un faible arbrisseau qui s'élève en la présence du Seigneur, comme un rejeton qui sort d'une terre aride; 4 il n'a ni éclat, ni beauté, nous l'avons vu, et il était méconnaissable et le plus abandonné des hommes ; homme de douleur, il est familiarisé avec la misère, son visage est obscurci par les opprobres, il a été méprisé et compté pour rien. Il a vraiment lui-même porté nos infirmités ; il a souffert pour nous, nous l'avons vu dans la douleur, chargé de blessures et d'affliction; 5 il a été blessé à cause de nos iniquités, il a été brisé pour nos crimes ; le châtiment qui doit nous procurer la paix s'est appesanti sur lui, nous avons été guéris par ses meurtrissures. Mous nous sommes tous égarés comme des brebis, chacun de nous se perdait dans sa voie, et le Seigneur a fait tomber sur lui l'iniquité de nous tous ; et lui, dans son affliction, n'a pas ouvert la bouche : il a été conduit à la mort comme un agneau, il est resté muet comme une brebis devant celui qui la tond, 6 il est mort au milieu des angoisses après un jugement Qui racontera sa génération ? Il a été retranché de la terre des vivants, il a été conduit à la mort pour les iniquités de mon peuple. On lui réservait la sépulture de l'impie, il a été enseveli dans le tombeau du riche, parce qu'il a ignoré l'iniquité et que le [......] n'a pas souillé sa bouche. Le Seigneur veut guérir ses plaies; parce qu'il a été livré pour le péché, il verra sortir de lui une race immortelle; 7 oui, Dieu veut arracher son cœur à la douleur, lui montrer sa lumière, accomplir par lui sa volonté et justifier un grand nombre d'hommes. Oui, dis-je, il portera nos péchés ; mais aussi il possédera un peuple nombreux, il distribuera lui-même la dépouille des justes, et cela parce qu'il a été livré à la mort, qu'il a été mis entre des scélérats, parce qu'il a porté les péchés de tous et qu'il a été livré pour leurs iniquités. 8 Réjouis-toi, stérile qui n'enfante pas; chante des cantiques de louanges, pousse des cris de joie, toi qui n'avais pas d'enfants. L'épouse abandonnée, a dit le Seigneur, est devenue plus féconde que celle qui a un époux. Étends l'enceinte de tes pavillons, déploie les voiles de tes tentes, n'épargne rien, allonge tes cordages, affermis tes pieux; pénètre à droite, à gauche, ta postérité héritera des nations et remplira les villes désertes. 9 Ne crains pas, tu ne seras pas confondue, tu n'auras point à rougir, tu ne connaîtras plus le honte; tu oublieras la confusion de la jeunesse, tu ne te rappelleras plus l'opprobre de ta viduité. Le Seigneur a signalé son nom. Ton Sauveur, c'est le Dieu d'Israël, qui désormais sera appelé le Dieu de toute la terre. Le Seigneur t'a appelée, comme une femme dans l'abandon et dans la douleur, comme une épouse répudiée dès sa jeunesse. »

Chapitre XIV

1 Si nous croyons, c'est par ce baptême de la pénitence que Dieu lui-même a établi, comme le dit Isaïe, pour effacer les péchés des hommes et nous amener à sa connaissance; et ce baptême dès longtemps prédit par Isaïe, et seul capable de purifier le pécheur qui se repent, nous publions qu'il est la seule source de la vie.
Les citernes que vous vous êtes creusées ne peuvent contenir leurs eaux et vous deviennent inutiles. Quel avantage peut résulter pour vous d'un baptême qui ne purifie que le corps? 2 C'est votre âme qu'il faut affranchir de la colère, de l'avarice, de l'envie, de la haine, et alors vous serez vraiment purs.
Les pains azymes vous apprennent qu'il faut renoncer aux oeuvres anciennes qui naissent d'un mauvais levain; mais ces figures vous les entendez dans un sens tout charnel. Votre âme serait-elle remplie de fraude et d'injustice, vous ne vous en croiriez pas moins les plus pieux des hommes, parce que vous observez toutes les pratiques extérieures. 3 Dieu ne vous a-t-il pas ordonné d'user d'un levain nouveau, après avoir mangé pendant sept, jours des pains azymes? Que veut-il nous faire entendre par là, sinon qu'il faut sortir de l'ancienne et mauvaise voie, et commencer une vie nouvelle ?
Pour bien vous convaincre que c'est là ce que demande le nouveau législateur, je répéterai les paroles que j'ai déjà citées, et j'ajouterai celles que j'avais omises ; je les emprunte au prophète Isaïe :
4 « Écoutez-moi, dit le Seigneur, et vous allez vivre ; j'établirai avec vous l'éternelle alliance promise à mon serviteur David; Je l'ai donné pour témoin au peuple, pour guide et pour maître aux nations. Les nations qui ne vous connaissent pas vous invoqueront. Les peuples qui vous ignoraient accourront à vous, à cause du Seigneur votre Dieu, du saint d'Israël qui vous a glorifié. 5 Cherchez le Seigneur pendant qu'il peut être trouvé, invoquez-le pendant qu'il est proche. Que l'impie abandonne sa voie et l'homme;inique ses pensées, qu'ils retournent au Seigneur, il aura pitié d'eux; il est riche en miséricorde, il vous remettra vos péchés. Mes pensées ne sont pas vos pensées; mes voies ne sont pas vos voies. 6 Comme la neige et la pluie descendent du ciel et n'y retournent plus, mais pénètrent la terre, la fécondent et font germer la semence, espoir du laboureur, ainsi mes paroles ne reviendront pas à moi sans fruit, elles accompliront mes desseins et prospéreront en tout ce que j'ai voulu, 7 vous sortirez dans la joie et vous mangerez dans la paix. Dans votre attente, les montagnes et les collines tressailleront d'allégresse, et tous les arbres de la terre, animés par la joie, agiteront leurs rameaux. Les pins s'élèveront à la place des ronces, le myrte croîtra à la place de l'ortie, et le Seigneur sera connu sous son nom éternel que rien n'effacera. »
8 J'ajoutai : Ainsi donc, Tryphon, dans ces prophéties et d'autres semblables, vous trouvez des choses qui se rapportent les unes au premier avènement du Christ quand il parut sous une forme mortelle, sans gloire,et sans beauté; les autres à son second avènement, lorsqu'il viendra sur les nuées du ciel avec majesté, et que vous verrez, que vous reconnaîtrez celui que vous avez percé, ainsi que Daniel, ainsi qu'Osée, l'un des douze prophètes, l'ont prédit.

Chapitre XV

1 Apprenez encore d'Isaïe quel est le jeûne que Dieu demande de vous et le seul qui lui soit agréable. 2 C'est ainsi que lui parle le Seigneur :
« Crie avec force, ne te lasse point. Fais retentir ta voix comme les éclats de la tempête; annonce à mon peuple ses crimes, à la maison de Jacob ses prévarications. Chaque jour ils m'interrogent et veulent savoir mes vues, et comme un peuple ami de l'innocence et qui n'avait point violé ma loi, 3 ils invoquent ma justice, ils iraient défendre leur cause devant moi. Nous avons jeûné, disent-ils, pourquoi n'avez-vous pas daigné regarder nos jeûnes? Nous nous sommes humiliés : pourquoi l'avez-vous ignoré? Parce que vous suivez vos caprices en vos jours de jeûne et que vous écrasez tous ceux qui vous sont soumis. Ne jeûnez-vous que pour susciter des procès, des querelles, et pour frapper impitoyablement vos frères ? Cessez de pareils jeûnes, si vous voulez que le ciel entende vos cris. 4 Est-ce là un jeûne choisi par moi ? Que l'homme soit tous les jours humilié, qu'il courbe sa tête comme un jonc, et qu'il dorme dans un cilice et sur la cendre. Est-ce là un jeûne et un jeûne agréable au Seigneur ? N'y a-t-il pas un jeûne de mon choix? Rompez les liens de l'iniquité, anéantissez les obligations de vos contrats tyranniques, déchargez de leurs dettes ceux que vous écrasez ; déchirez toute écriture qui respire l'injustice, 5 partagez votre pain avec celui qui a faim, et recevez sous votre toit les pauvres qui sont sans asile : si vous voyez des hommes nus, couvrez-les, et ne méprisez point vos frères, qui sont votre chair. Alors votre lumière brillera comme l'aurore, votre vêtement en sera tout éclatant. Votre justice marchera devant vous, et vous serez environnés de la gloire du Seigneur. Alors vous l'invoquerez, et il vous exaucera; à votre premier cri, le Seigneur répondra : Me voici, 6 oui, si vous détruisez l'oppression parmi vous, si vous cessez vos menaces et vos paroles outrageantes, si vous assistez le pauvre avec effusion de cœur, si vous rassasiez sa faim, si vous consolez l'âme abattue, votre lumière se lèvera dans les ténèbres, et les ténèbres seront pour vous comme un soleil dans son midi. Le Seigneur sera toujours avec vous; il remplira tous les désirs de votre cœur; Il ranimera vos ossements ; vous serez comme un jardin toujours arrosé, comme une source dont les eaux ne se tarissent jamais. »
7 Soyez donc y ayant tout, circoncis de cœur ; car voilà la véritable circoncision ; celle que toutes les paroles des dit haut Écritures vous recommandent.
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:15

Chapitre XVI

1 Dieu vous dit lui-même par la bouche de Moïse : « Ayez soin de circoncire votre cœur, et ne vous endurcîmes pas davantage, parce que le Seigneur votre Dieu est lui-même le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, et puissant, et terrible, qui n'a point d'égard aux personnes ni aux présents. » Et dans le Lévitique : « Parce qu'ils ont prévariqué, qu'ils ont méprisé, qu'ils ont marché contre moi, j'ai aussi marché contre eux, je les abandonnerai dans une terre ennemie. Leur cœur incirconcis s'est humilié. »
2 La circoncision selon la chair n'était qu'un signe qui devait servir à vous distinguer de nous et des autres peuplée, quand la main de Dieu ferait tomber sur vous seul les châtiments que vous subissez justement aujourd'hui; et quels fléaux plus affreux? Votre pays n'est plus qu'un désert ; vos villes sont la proie des flammes ; l'étranger, sous vos yeux, dévore vos moissons; personne de vous ne peut plus entrer dans Jérusalem. 3 Ce qui vous fait reconnaître au milieu de ces désastres, c'est la marque de la circoncision imprimée sur votre chair. Je suis persuadé qu'aucun d'entre vous n'oserait dire que Dieu ignore l'avenir, et ne prépare pas à chacun le sort qu'il mérite. C'est donc à juste titre que tous ces maux vous sont arrivés. 4 Hélas ! vous avez fait mourir le juste ; autrefois vous mettiez à mort ses prophètes, et aujourd'hui vous accablez d'outrages et de mépris ceux qui espèrent en lui et en son père, le Dieu tout-puissant, qui nous l'a envoyé ; vous les chargez de malédictions dans vos synagogues. Toutes les fois que vous avez pu nous égorger, vous l'avez fait. Ce qui enchaîne votre bras, c'est la crainte «le ceux qui vous dominent aujourd'hui ; 5 c'est pourquoi Dieu vous crie par la bouche de son prophète Isaïe :
« Voyez comme le juste a péri, et personne n'y pense. Le juste a été enlevé du milieu de l'iniquité : il reposera en paix dans sa tombe; oui, il a été enlevé du milieu de vous. Approchez maintenant, enfants d'iniquité, race d'adultères et de prostituées! De qui vous êtes-vous joués? contre qui avez-vous ouvert la bouche et dardé vos langues? »

Chapitre XVII

1 En fait d'outrages contre le Christ et contre nous qui sommes sortis de lui, aucune nation ne s'est rendue ami coupable que la vôtre ; vous êtes les auteurs des préventions et des calomnies qui nous poursuivent partout. Vous avez mis en croix le seul juste, le seul innocent, celui dont les blessures guérissent l'homme qui veut, par lui, aller à Dieu son père. Et, bien que vous sachiez à n'en pas douter qu'il est ressuscité d'entre les morts et remonté aux cieux, comme les prophètes l'avaient annoncé, non seulement vous n'avez pas fait pénitence, mais vous avez envoyé de Jérusalem, par toute la terre, des gens chargés de présenter les Chrétiens comme une secte impie qui venait de s'élever et de répandre toutes ces calomnies que répètent encore aujourd'hui ceux mêmes qui ne vous connaissent pas. Vous êtes donc coupables de vos propres crimes et de ceux de tous les hommes que vous avez égarés. 2 Et c'est avec raison que Dieu vous crie par le prophète Isaïe :
« A cause de vous, mon nom est blasphémé parmi les nations. »
Et plus loin :
« Malheur à eux I ils ont pris parti contre eux-mêmes, lorsqu'ils disaient : Enchaînons le juste, il nous est inutile. Ils rangent aujourd'hui le fruit de leurs œuvres. Malheur donc à l'impie! il lui arrivera selon ce qu'il aura fait. »
Et encore ailleurs :
« Malheur à ceux qui traînent l'iniquité comme de longues chaînes, et le péché comme les traits d'un char, et qui osent dire au Seigneur : Qu'il se hâte dans son œuvre, que les conseils du saint d'Israël nous soient manifestés, et nous saurons s'ils sont véritables. Malheur à vous, qui appelez mal le bien, et bien le mal ; qui changez les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, l'amertume en douceur, et la douceur en amertume ! »
3 Il n'est que trop vrai que vous avez cherché à répandre les plus odieuses préventions, les plus sombres nuages sur la seule lumière, pure, incorruptible, que Dieu ait fait luire aux yeux des hommes. Elle vous a paru trop importune, la voix de celui qui vous criait :
« Il est écrit : Ma maison est une maison de prières, et vous en avez fait une maison de voleurs. »
Il fit plus, il a renversé lui-même les tables des changeurs qui s'étaient établis dans le temple.
4 « Malheur à vous! s'ecriait-il, scribes et pharisiens hypocrites, qui payez la dîme de la menthe et du cumin, et qui omettez la justice et les préceptes de l'amour de Dieu. Sépulcres blanchis, qui au-dehors paraissent beaux, mais qui au-dedans sont pleins d'ossements de morts et de corruption. »
Et ailleurs, s'adressant aux scribes :
« Malheur à vous, scribes, qui après vous être emparés de la clé de la science, n'y êtes point entrés et en avez fermé l'entrée aux autres, chefs aveugles que vous êtes. »

Chapitre XVIII

1 Puisque vous nous avez dit, Tryphon, que vous aviez lu l'Évangile, j'ai cru pouvoir rapprocher quelques paroles du Christ de celles des prophètes. 2 Purifiez-vous donc, éloignez-vous de l'iniquité, voilà surtout la purification que Dieu vous recommande, la circoncision qu'il exige de vous, Nous observerions nous-mêmes et votre circoncision selon la chair, et votre sabbat et toutes vos fêtes, si nous ne savions pas que c'est à cause de vos prévarications et de la dureté de vos cœurs que toutes ces pratiques vous ont êtes prescrites ; 3 car si nous supportons avec tant de courage les persécutions que soulève contre nous la méchanceté des hommes et des démons, si telle est notre constance au milieu des plus cruelles épreuves, en face de la mort et des tortυres, que nous prions pour ceux mêmes qui nous traitent si indignement, et que, selon le précepte de notre divin législateur, nous demandons instamment qu'il ne leur arrive aucun mal, comment n'observerions-nous pas, ô Tryphon, ce qui n'a rien de difficile en soi-même, je veux dire et votre circoncision selon la chair, et votre sabbat, et vos fêtes?

Chapitre XIX
1 Mais comment se fait-il que vous, qui vous soumette à toutes ces pratiques, vous ne veuillez pas remplir tous ces autres préceptes dont nous parlons? Voilà ce que nous ne saurions expliquer.
2 Votre circoncision n'était pas nécessaire aux autres hommes, mais à vous seulement, qui deviez éprouver les maux que vous souffrez aujourd'hui. Nous n'admettons pas non plus cet inutile baptême qui se fait avec l'eau de vos citernes, il n'a rien de commun avec le baptême qui donne la vie; et voilà pourquoi Dieu s'écrie que vous l'abandonnez, lui l'unique source vivifiante, pour vous creuser des citernes qui ne retiennent pas leurs eaux. 3 Vous recevez la circoncision de la chair et vous ne connaissez pas la plus nécessaire, celle du coeur; pour nous, avec celle-ci, nous n'avons pas besoin de la votre ; car si elle était indispensable, comme vous le prétendez, Dieu n'aurait pas créé Adam incirconcis; il n'aurait pas agréé les dons d'Abel, les offrandes d'Hénoch, qui n'étaient pas plus circoncis qu'Adam. Hénoch n'eût pas été transporté au ciel, sans laisser aucune trace de lui sur la terre. 4 Loth, tout incirconcis qu'il était, n'aurait pas été sauvé du feu de Sodome par le Seigneur lui-même et par ses anges? Noé, ce père d'une race nouvelle, était-il circoncis, quand Dieu le fit entrer dans l'arche avec ses fils? Était-il circoncis, ce grand prêtre du Très-Haut, Melchisédech, qui reçut la dîme d'Abraham, le premier des hommes que Dieu soumit à la loi de la circoncision et que bénit ensuite ce même Melchisédech, dans lequel Dieu établissait son sacerdoce éternel, ainsi qu'il le déclare par le prophète David? Je le répète, cette circoncision de la chair n'était nécessaire qu'a vous seuls, parce que le peuple de Dieu ne devait plus être son peuple, ni sa nation, pour me servir ici des paroles d'Osée, l'un des douze prophètes ; 5 car tous ces justes dont je viens de parler furent agréables à Dieu, bien qu'ils n'aient pas observé vos sabbats non plus, Abraham et tous ses descendants jusqu'à Moïse, sous lequel votre peuple. signala toute sa perversité et son ingratitude par ce veau d'or qu'il fit élever dans le désert. 6 C'est alors que Dieu, s'accommodant à sa légèreté, se fit immoler des victimes pour vous éloigner du culte des idoles; et cette précaution même vous a si peu préservés de l'idolâtrie, que vous avez été jusqu'à immoler aux démons vos enfants eux-mêmes. Il a institué le jour du sabbat afin de vous empêcher de perdre le souvenir du vrai Dieu, et, comme le dit l'Écriture, pour que vous vous rappeliez sans cesse que c'est le Seigneur qui vous a sauvés»
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:16

Chapitre XX

1 S'il vous a aussi commandé de vous abstenir de certaines viandes, c'est qu'il voulait que, même pendant vos repas, vous eussiez sa pensée présente à l'esprit, tant vous étiez prompts à l'oublier, ainsi que le dit Moise : « Le peuple s'est assis pour manger et pour boire, et s'est levé pour danser. » Et ailleurs : « Le peuple bien-aimé, après s'être engraissé, se révolta; appesanti, rassasié, enivré, il a délaissé le Dieu son créateur. » Moïse, dans le livre de la Genèse, ne nous a-t-il pas raconté que Dieu permit à Noé, cet homme juste, de manger de toute espèce d'animaux, excepté de la chair qui aurait encore son sang, c'est-à-dire suffoquée?  2 Tryphon se préparait à m'objecter ces paroles : Ainsi que des plantes. Je le prévins: Et pourquoi, lui dis-je, ne pas prendre ces mots, ainsi que des plantes, dans le sens que Dieu y attachait? C'est-à-dire que, de même qu'il donnait à l'homme toutes les plantes pour en faire sa nourriture, de même il lui donnait tous les animaux pour en manger. Mais, parce qu'il est certaines herbes dont nous nous abstenons, vous croyez que c'est parce que Dieu aurait prescrit à Noé de faire entre elles une distinction. 3 Ce n'est nullement dans ce sens qu'il faut entendre ce passage. Comme il est trop facile de montrer que toute plante est une herbe, et peut être mangée, je n'insiste pas là-dessus. Mais, si nous ne mangeons pas indistinctement de toutes sortes de plantes, sachez que ce n'est point parce qu'il s'en trouve parmi elles d'impures, d'immondes, mais seulement parce qu'elles sont amères ou pleines d'épines et dangereuses. Alors, nous mangeons de préférence celles qui sont douces, saines, agréable, soit qu'elles viennent dans l'eau ou sur la terre.
4 Mais quand Dieu vous a ordonné, par Moïse, de vous abstenir de certains animaux impurs, cruels, rapaces, c'était dans un sens tout différent. C'est parce que, tandis que Dieu faisait tomber sur vous la manne dans le désert et multipliait sous vos yeux les miracles, vous aviez élevé un veau d'or pour l'adorer ; aussi la voix de Dieu vous crie sans cesse, et avec raison : « Vous êtes une race insensée, des enfants infidèles. »

Chapitre XXI

1 Oui, c'est pour vous rappeler vos iniquités et celles de vos pères, que Dieu vous a ordonné de célébrer le sabbat et vous a imposé tant d'autres observances : c'est pour l'instruction des peuples, afin qu'ils ne profanent pas son nom, que Dieu laisse encore subsister quelques-uns d'entre vous, et j'ai pour garant de ce que j'avance ses propres paroles. 2 Écoutez ce qu'il dit par la bouche d'Ézéchiel :
« Je suis le Seigneur votre Dieu; marchez dans la voie de mes commandements, gardez mes préceptes. Abstenez-vous des usages profanes de l'Égypte ; sanctifiez mes jours de sabbat, afin qu'ils soient comme des signes entre vous et mol, et que vous sachiez que e'est moi qui suis votre Seigneur et votre Dieu. Mais vous m'avez aigri contre vous, vos enfants n'ont point marché dans la voie de mes préceptes; ils n'ont ni révéré ni gardé les commandements que je leur ai donnée, afin que celui qui les observe y trouve la vie, et ils ont violé mes jours de sabbat; 3 je les ai menacés de répandre ma fureur sur eux dans le désert, et de satisfaire ma colère en les punissant; mais j'ai retenu ma main, je les ai épargnés pour la gloire de mon nom, afin qu'il ne fût pas déshonoré devant les nations témoins de leur délivrance. J'ai levé de nouveau ma main sur eux dans la solitude pour les disperser parmi les nations et les répandre sur la terre, parce qu'ils n'avaient pas observé mes commandements, qu'ils avaient violé mes jours de sabbat, et que leurs yeux s'étaient attachés aux idoles de leurs pères. 4 C'est pourquoi je leur ai donné des préceptes qui n'étaient pas bons et des ordonnances où ils ne trouveront pas la vie. Je les souillerai dans leurs offrandes, lorsque je passerai au milieu d'eux pour détruire tous leurs premiers-nés. »

Chapitre XXII

Et pour vous convaincre que c'est à cause des prévarications d'Israël et de son idolâtrie que Dieu a exigé de lui des sacrifices, et non parce qu'il avait besoin de ses offrandes, écoutez ce qu'il dit lui-même à ce sujet; c'est ainsi qu'il fait parler Amos, un de vos douze prophètes:
2 « Malheur à vous qui désirez le jour du Seigneur! De quoi vous servira-t-il? ce jour sera les ténèbres et non la lumière. Il se présentera à vous comme à cet homme qui évite un lion pour rencontrer un ours; comme à celui qui, entrant en sa maison, appuie sa main sur la muraille, et un serpent le mord. Le jour du Seigneur ne sera-t-il pas un jour de ténèbres et non de lumière, une sombre nuit sans clarté? Je hais, je déteste les jours de fête, je ne puis respirer l'encens de vos solennités. 3 Je ne me complais ni dans vos offrandes, ni dans vos holocaustes; la graisse de vos victimes ne m'est point agréable. Éloignez de moi le tumulte de vos cantiques, je ne puis entendre le concert de vos instruments. Mais que le jugement se répande comme une eau abondante, et que la justice coule comme un torrent rapide. Maison d'Israël, m'avez-vous offert des victimes et des oblations durant les quarante années que vous avez voyagé dans le désert, dit le Seigneur? Vous avez porté avec vous la statue de Moloch et les figures de vos idoles, l'étoile de votre dieu Rampha, ouvrage de vos mains: 4 c'est pourquoi je vous transporterai hors de Damas, dit le Seigneur, dont le nom est le Dieu tout-puissant. Malheur à vous qui êtes tranquilles en Sion, et qui vous confia en la montagne de Samarie ; grands, princes de la nation choisie qui avez vendangé les prémices des nations et êtes entrés avec pompe dans les assemblées d'Israël, passez à Chalané et voyez, et de là allez a Emath la grande, et descendez à Geth, le pays des Philistins. Ces contrées valent-elles plus que vos royaumes? Leurs limites surpassent-elles les vôtres? 5 Malheur à vous, qui approchez des jours mauvais et qui célébrez des sabbats trompeurs, qui dormez sur des tas d'ivoire et vous étendez mollement sur votre couche, qui mangez les agneaux choisis et les veaux encore au sein de leur mère, qui chantez aux accords de la lyre, et qui les croyez durables et non fugitifs; qui buvez le vin dans des coupes, qui vous parfumez des plus riches odeurs, et qui demeurez insensibles à la douleur de Joseph ! C'est pourquoi vous irez en captivité, vos chefs marcheront les premiers vers la terre d'exil. Le théâtre de vos plaisirs changera de face, on y entendra le hennissement des chevaux d'Ephraïm. »
6 Dieu dit ailleurs par la bouche du prophète Jérémie :
 « Ajoutez vos holocaustes à vos victimes et mangez-en la chair. Car, lorsque j'ai tiré vos pères de la terre d'Égypte, je ne leur ai point parlé d'holocaustes et de victimes. »

« Le Dieu des cieux a parlé, et il a appelé la terre depuis l'orient jusqu'au couchant. C'est de Sion que Dieu fera briller la splendeur de sa gloire; Dieu se manifestera, il sortira de son silence; un feu dévorant marchera devant lui ; il appellera les cieux et la terre pour juger son peuple. Rassemblez autour de moi mes saints, tous ceux qui ont contracté avec moi une alliance scellée par le sacrifice. Et les cieux annonceront la justice, c'est Dieu lui-même qui est le juge. 8 Écoute, mon peuple, et je parlerai ; Israël, je te rendrai témoignage : je suis le Dieu ton Dieu. Je ne t'accuserai point sur tes sacrifices et sur tes holocaustes, ils sont toujours présents à mes yeux. Qu'ai-je à faire des génisses de tes étables et des boucs de tes troupeaux ? Toutes les bêtes des forêts sont à moi, ainsi que tous les animaux qui paissent sur la montagne ; je connais tous les oiseaux du ciel, et les animaux des champs sont en ma puissance. 9 Si j'avais faim, est-ce à toi que je m'adresserais? L'univers est à moi et tout ce qu'il renferme. Mangerai-je la chair des taureaux ou boirai-je le sang des boucs? Offres à Dieu un sacrifice de louanges, et rendez vos hommages an Très-Haut ; invoquez-moi au jour de la détresse, je vous délivrerai et vous m'honorerez. Mais Dieu a dit au pécheur: Est-ce à toi qu'il appartient de publier mes décrets? Pourquoi ta bouche annonce-t-elle mon alliance? Toi, tu hais ma loi et tu as rejeté derrière toi ma parole;  10 quand tu voyais un larron, tu courais à lui, et tu allais prendre ta place à côté de l'adultère ; tu as rassasié ta bouche de malice et ta langue a préparé la fraude; pendant que tu étais assis, tu parlais .contre ton frère, tu couvrais d'opprobre le fils de ta mère. Voilà ce que tu as fait et je me suis tu ! Ton iniquité m'a jugé semblable à toi; je t'accuserai, j'exposerai tes péchés à tes propres yeux. Comprenez maintenant, vous qui oubliez le Seigneur, de peur que je ne vous saisisse; et personne ne pourra vous délivrer. Le sacrifice de louange est le culte qui m'honore, c'est la seule voie par laquelle je manifesterai le salut du Très-Haut. »
11 Ainsi, vous le voyez, si Dieu reçoit de vous des sacrifices, s'il vous commande de lui en offrir, ce n'est pas qu'il en ait besoin, c'est uniquement à cause de vos péchés. Et le temple lui-même, appelé le temple de Jérusalem, pourquoi Dieu a-t-il dit que c'était son palais, sa demeure? Est-ce qu'il en avait besoin? Non, assurément. Mais il voulait appeler sans cesse votre attention sur lui, pour vous empêcher de tomber dans l'idolâtrie; vous en avez une preuve bien sensible dans ces paroles d'Isaïe : « Quelle maison pourriez-vous me bâtir? dit le Seigneur. Le ciel est mon trône et la terre mon marchepied. »
7 Écoutez encore ce que Dieu dit par la bouche de David, dans le quarante-neuvième psaume:
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:17

Chapitre XXIII

1 Si on n'admet pas tout cela, il faut tomber dans les plus étranges absurdités, il faut dire que le Dieu d'aujourd'hui n'est plus celui du temps d'Hénoch, et des autres justes qui n'ont pas connu la circoncision et qui n'observaient ni le sabbat, ni les autres pratiques de cette nature, puisqu'elles ne remontent qu'à Moïse, ou bien qu'il n'a pas voulu que le moyen de salut fût le même dans tous les temps et pour tous les hommes. Qui ne voit combien de pareilles suppositions sont ridicules et insensées? 2 N'est-il pas plus raisonnable de dire que c'est à cause de vos prévarications que Dieu a prescrit ces diverses ordonnances, qu'il est l'ami de l'homme, qu'il voit l'avenir, qu'il est bon, qu'il est juste? S'il en est autrement, répondez-moi, mes amis; dites-le moi, quelle est votre manière de voir sur le sujet qui nous occupe? 3 Pas un d'eux ne me répondit. Alors je continuai : Eh bien ! Tryphon, je vais exposer pour vous, et pour ceux qui veulent devenir les disciples du Christ, la doctrine toute divine qu'il nous a enseignée. Voyez-vous les éléments se reposer, observer le jour du sabbat? Restez comme vous êtes nés. On n'avait pas besoin de circoncision avant Abraham, ni de fêtes, ni de sabbat avant Moïse : eh bien ! tout cela est encore moins nécessaire depuis que Jésus-Christ le fils de Dieu, d'après la volonté de son père, est né sans péché d'une vierge issue du sang d'Abraham. 4 Abraham lui-même, lorsqu'il était encore incirconcis, ne fut-il pas justifié et béni uniquement à cause de sa foi et parce qu'il crut à Dieu, ainsi que vous l'apprend l'Écriture? Il reçut la circoncision seulement comme un signe et non comme un moyen de salut, l'Écriture et les faits nous obligent à le reconnaître.
C'est donc avec raison qu'il a été dit que chez le peuple juif quiconque n'aura pas été circoncis le huitième jour sera exclu de la nation. 5 Mais les femmes ne peuvent recevoir la circoncision, preuve certaine qu'elle a été donnée uniquement comme signe et non comme moyen de salut; car Dieu a fait la femme capable d'observer tous les préceptes de justice et de vertu. Nous voyons à la vérité entre elle et l'homme une conformation différente: toutefois nous savons bien qu'ils ne sont ni l'un ni l'autre justes ou injustes à cause de cette différence, mais qu'ils sont également nés pour la justice et la vertu.

Chapitre XXIV

1 Je pourrais encore, mes amis, vous montrer qu'il y a dans ce choix du huitième jour quelque chose de mystérieux, que Dieu veut nous faire entendre par la préférence qu'il lui donne sur le septième; mais je veux éviter toute digression. Comprenez seulement ce que je répète: Le sang de cette circoncision est aboli ; nous croyons à un sang plus efficace. Une autre alliance, une autre loi est sortie de Sion. 2 Jésus-Christ circoncit tous ceux qui veulent l'être avec des couteaux de pierre, selon ce qui a été prescrit autrefois, mais uniquement pour les préparer à devenir une nation juste, un peuple fidèle qui conserve la vérité, qui maintienne la paix. 3 Venez, ô vous tous qui craignez Dieu et qui désirez voir les merveilles de la céleste Jérusalem ! Venez, approchons de la lumière du Seigneur; il a délivré son peuple, la maison de Jacob. Accourez toutes, ô nations! rendons-nous tous ensemble à cette Jérusalem, la Jérusalem qui ne se verra plus assiégée pour les péchés de ses enfants :
« Je réponds à des peuples qui naguère ne m'interrogeaient pas, nous dit le Seigneur par la bouche d'Isaïe ; des peuples qui ne me cherchaient pas m'ont trouvé. 4 J'ai dit aux nations qui n'invoquaient pas mon nom: Me voici. J'ai tendu les bras pendant tout le jour à un peuple incrédule qui marche dans les ténèbres à la suite de ses péchés. Le peuple qui excite ma colère est devant moi. »

Chapitre XXV

1 Ceux qui se purifient et se disent enfants d'Abraham désireront avoir avec nous quelque part à son héritage, ainsi que l'Esprit saint le dit en leur nom par la bouche d'Isaïe:
2 « Regardez, Seigneur, du haut des cieux, du séjour de votre sainteté et de votre gloire: où est votre zèle, votre puissance, où est cette abondance de miséricorde qui nous a soutenus, Seigneur ? Vous êtes notre père ; Abraham ne sait pas qui nous sommes, Israël ne nous connaît pas. Mais vous, Seigneur, vous êtes notre père, sauvez-nous; votre nom est dès l'éternité. Seigneur, pourquoi nous avez-vous laissé errer loin de votre voie? Vous avez endurci nos cœurs jusqu'à ne plus vous craindre ; 3 tournez sur nous vos regards, à cause de vos serviteurs et des tributs de votre héritage, afin que de la montagne sainte nous recevions une petite part de cet héritage. Nous sommes devenus comme ces peuples sur lesquels vous n'avez pas régné et qui n'ont pas invoqué votre nom. Si vous ouvrez le ciel, à votre aspect, les montagnes seront ébranlées, elles s'écrouleront devant vous comme la cire devant un brasier, et les flammes envelopperont vos ennemis; ils apprendront à connaître votre nom; les nations trembleront devant vous : 4 quand vous ferez ces prodiges, l'effroi saisira les montagnes. Depuis l'origine des siècles, nous n'avons pas entendu raconter de semblables prodiges ; aucun œil n'a vu, excepté vous, Seigneur, ce que vous préparez dans votre miséricorde à ceux qui font pénitence. Vous viendrez à la rencontre de ceux qui vivent selon la justice ; ils se souviendront de vos voies, ô Seigneur ! Vous étiez irrité contre nous, nous vous avions offensé ; et voilà pourquoi nous avons erré ; nous sommes devenus tous comme un homme impur, et nos œuvres comme un linge souillé. Nous sommes tombés ainsi que la feuille, et nos crimes, semblables à un vent violent, nous ont dispersés. 5 Qui vous invoque aujourd'hui, qui se souvient du Seigneur et s'attache à lui? Personne. Vous nous avez voilé votre face, vous nous avez livrés au glaive à cause de nos péchés. Regardez-nous maintenant, Seigneur, nous sommes tous votre peuple. La ville de votre saint est devenue déserte, Sion est une solitude, Jérusalem est frappée de malédiction. Votre maison, notre sanctuaire et notre gloire, chantée par nos pères, n'est plus qu'un amas de cendres; toutes les nations triomphent et viennent fondre sur nous. Et vous l'avez souffert, Seigneur, et vous avez gardé le silence et humilié à ce point notre orgueil ! »
6 Alors Tryphon s'écria;— Que dites-vous, voulez-vous faire entendre que personne de nous ne sera admis sur la montagne sainte à partager l'héritage du Seigneur?

Chapitre XXVI

1 — Ce n'est point là, Tryphon, ce que je veux dire, je parle de ceux qui ont persécuté le Christ et le persécutent encore, sans vouloir faire pénitence; ceux-là assurément n'auront aucune part à l'héritage sur la montagne sainte, tandis que les gentils qui, touchés de repentir, auront cru en Jésus-Christ, entreront dans l'héritage du Seigneur avec les patriarches, les prophètes et les justes de la race de Jacob, bien qu'ils n'observent ni la circoncision, ni le sabbat, ni vos fêtes.
2 C'est Dieu lui-même qui l'annonce en ces termes par le prophète Isaïe :
« Moi, le Seigneur, je t'ai appelé dans les décrets de ma justice; je te prendrai par la main, je te défendrai, je te donnerai pour signe d'alliance à mon peuple et pour lumière aux nations; tu ouvriras les yeux aux aveugles, tu briseras les fers des captifs, tu délivreras de la servitude ceux qui étaient assis dans les ténèbres. »
3 Et ailleurs :
« Levez l'étendard à la face des nations; le Seigneur s'est fait entendre aux extrémités de la terre. Dites aux filles de Sion : Voici ton Sauveur, sa récompense est avec lui, et ses miracles le précèdent Ceux qui viendront seront appelés le peuple saint, le peuple racheté du Seigneur; et toi, ton nom sera la ville bien-aimée, et non plus la ville délaissée. Qui est celui qui vient d'Edom et de Bosra avec des habits teints de sang; quel est cet homme beau dans sa parure et qui marche avec tant de majesté? — Je suis le Verbe qui vient avec des paroles de justice et de salut. 4 — Pourquoi votre robe est-elle rouge, et vos vêtements comme les habits de ceux qui foulent la vendange ? — J'étais seul à fouler le vin, aucun homme d'entre les peuples n'est venu à moi, je les al brisés dans ma fureur, je les ai foulés comme delà poussière, et j'ai répandu leur sang sur la terre. Voici que pour eux est arrivé le jour de la vengeance ; l'année de la rédemption est venue. J'ai regardé, personne autour de moi pour me secourir; j'ai cherché, je n'ai pas trouvé un appui. Mon bras alors a été mon sauveur, et mon indignation m'a secouru; j'ai écrasé ce peuple dans ma fureur et j'ai dispersé son sang sur la terre. »

Chapitre XXVII

1 Alors Tryphon, prenant la parole : — Pourquoi, me dit-il, ne vous attachez-vous qu'aux passages qui favorisent votre opinion, et ne parlez-vous pas de ceux qui ordonnent expressément de célébrer le sabbat? Voici ce que dit le Seigneur par le même Isaïe : « Si vous ne voyagez pas le jour du sabbat, si vous oubliez votre volonté dans ce jour qui m'est consacré, si vous appelez le sabbat du Seigneur vos saintes délices, si vous n'allez pas en ce jour à votre travail ordinaire, si aucune parole mauvaise ne sort de votre bouche, alors vous vous réjouirez dans le Seigneur, il vous fera jouir des biens de la terre, il vous nourrira dans l'héritage même de Jacob votre père. Le Seigneur a parlé. »
2 — Mes amis, leur répondis-je, si j'ai omis ce passage du prophète, ce n'est point parce qu'il m'était contraire ; mais j'ai supposé que vous aviez compris et que vous comprenez bien, que si Dieu vous a recommandé de suivre les observances prescrites par Moïse, il n'a cessé en même temps de répéter qu'il ne vous les avait imposées qu'à raison de votre ingratitude et de la dureté de votre cœur, afin que par elles vous pussiez vous ouvrir une voie de pénitence, un moyen de salut qui vous rende agréable à ses yeux, et qu'on ne vous vît plus désormais immoler vos enfants aux démons, prendre part aux larcins, n'aimer que l'argent, n'agir que par cupidité, refuser justice à l'orphelin, protection à la veuve, et vous présenter devant lui les mains pleines de sang.
3 « Car les filles de Sion, dit le Seigneur, marchent la tête haute, en faisant signe des yeux et déployant de longues tuniques. »
« Tous se sont égarés, dit encore l'Écriture, tous sont devenus inutiles; il n'est pas un seul qui comprenne, pas un seul; leur langue s'est déliée pour le [......]; leur gosier est un sépulcre ouvert, leurs lèvres recèlent un poison dévorant, les angoisses et la désolation sont dans leurs voies, ils n'ont pas connu le sentier de la paix. »
4 Dans le principe, Dieu vous avait prescrit toutes les observances, uniquement à cause de votre perversité. Eh bien! c'est à raison de votre persévérance dans la même voie, ou plutôt de votre intention d'y persévérer, qu'il se sert encore des mêmes pratiques pour vous obliger à vous souvenir de lui et à le reconnaître. Vous êtes, ainsi qu'il le dit, un peuple au cœur dur et Insensé, un peuple aveugle et incertain dans ses voies, des enfants d'incrédulité qui ne l'adorez que des lèvres et dont le cœur est si loin de lui, qui enseigne votre doctrine et non la sienne. 5 Et puis, dites moi, a-t-il voulu rendre prévaricateurs vos pontifes qui offrent des présents le jour du sabbat, et faire tomber dans le péché ceux qui donnent ou reçoivent la circoncision en ce jour, puisqu'il ordonne de circoncire l'enfant an bout de huit Jours, quand même le huitième serait un jour de sabbat Ne pouvait-il pas placer la circoncision le jour qui suit ou qui précède le sabbat, si c'était un crime de la donner ce jour-là? ou bien pourquoi n'a-t-il pas imposé toutes ces pratiques à ceux qui furent appelés justes avant Moïse et avant Abraham, et qui, sans elles, n'en furent pas moins agréables à ses yeux ?

chapitre XXVIII

1 Vous nous l'avez déjà dit, répondit Tryphon, et nous vous avons écouté attentivement; car, à vrai dire, la chose mérite cette attention. Il ne faut pas, je crois, se contenter de répondre ici avec le vulgaire : c'est que Dieu l'a ainsi voulu ; car c'est toujours là le refuge de ceux qui ne savent que dire quand on leur fait une question.
2 — Eh bien ! lui dis-je, si je ne raisonne que d'après les Ecritures et les événements, vous ne devez plus rester incertains ni balancer à me croire, bien que je sois incirconcis. Songez-y, très peu de temps vous est encore laissé pour venir à nous. Si le jour du Christ vous surprend dans votre incrédulité, en vain vos larmes attesteront votre repentir, vous ne serez pas écoutés.
« Préparez la terre nouvelle, dit Jérémie, ne semez pas sur des épines, recevez la circoncision du Seigneur, la circoncision du cœur. »
3 Ne semez donc pas parmi les ronces, sur une terre non labourée et qui ne peut donner de fruits. Reconnaissez le Christ, et alors vos cœurs deviendront une terre riche, féconde, heureusement préparée.
« Voici que les jours viennent, dit le Seigneur, Je visiterai tous ceux qui sont incirconcis, l'Égypte, Juda, Edom, les enfants de Moab; tous ces peuples sont incirconcis de corps, mais c'est le cœur qui est incirconcis dans la maison d'Israël. »
4 Voyez-vous comme Dieu rejette cette circoncision qui n'était qu'une simple marque distinctive? à-t-elle beaucoup servi aux Égyptiens, aux fils de Moab, à ceux d'Edom? Mais qu'on soit Scythe ou Persan, pourvu qu'on ait la connaissance de Dieu et de son Christ, pourvu qu'on observe ses commandements éternels, alors on a la vraie circoncision, la seule utile et glorieuse, celle qui rend nos personnes chères à Dieu et nos dons agréables à ses yeux. 5 Souffrez que je vous cite ces autres paroles qu'il adresse à son peuple par la bouche de Malachie, l'un des douze prophètes :
« Mon amour n'est point en vous, dit le Seigneur, et je ne reçois pas vos sacrifices; car depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, mon nom est grand parmi les nations; on offre à mon nom en tout lieu un sacrifice, une oblation pure, parce qu'aujourd'hui mon nom est en honneur chez tous les peuples; mais vous le déshonorez, s'écrie le Seigneur. »
Il dit encore par la bouche de David :
«Un peuple que je ne connaissais pas s'est montré fidèle à ma voix, il a entendu ma parole et l'a suivie. »
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:18

Chapitre XXIX

1 Que toutes les nations réunies bénissent ensemble le Seigneur qui nous a visité; glorifions-le par son fils, le roi de gloire, le Dieu des vertus. Il a témoigné son amour aux nations : nos sacrifices lui ont été plus agréables que ceux d'Israël. Qu'ai-je donc besoin de votre circoncision, si j'ai le témoignage de Dieu même? A quoi bon votre baptême, si j'ai reçu celui de l'Esprit saint? 2 Il me semble que ce langage est de nature à persuader ceux qui ont le moins d'intelligence; et ce langage ne vient pas de moi. Ce n'est point ici la parole de l'homme; l'art ne l'a point arrangée. Voilà ce que chantait David, ce qu'annonçait Isaïe, ce que publiait Zacharie, ce qui fut écrit par Moïse. Le reconnaissez-vous avec moi, Tryphon? Ces paroles ne sont-elles pas consignées dans vos livres, ou plutôt dans les nôtres? Car nous nous attachons à l'esprit de ces livres; et vous, vous les lisez sans les comprendre. Si nous sommes incirconcis, c'est qu'ainsi Dieu nous a faits; 3 pourquoi nous le reprocher, pourquoi regarder cet état comme un opprobre? et pour avoir fait tiédir de l'eau un jour de sabbat, a-t-on commis un crime affreux? Est-ce que Dieu ne gouverne pas le monde ce jour-là comme les autres jours? Est-ce que les pontifes ne sont pas obligés le jour du sabbat, ainsi que les autres jours de la semaine, de s'occuper du soin des sacrifices ? Encore une fois, cette multitude de justes qui n'avaient observé aucune des pratiques prescrites par la loi n'ont-ils pas été loués par le Seigneur et honorés de son témoignage?

Chapitre XXX

1 N'attribuez qu'à votre perversité les blasphèmes que se permettent contre Dieu les insensés qui osent dire qu'il n'a pas établi pour tous et en tout temps le même moyen de salut En effet, toutes vos pratiques ont été jugées absurdes, indignes de Dieu, par des hommes trop peu éclairés pour juger qu'elles pouvaient servir à ramener dans les voies de la pénitence un peuple comme le vôtre, travaillé de je ne sais quelle maladie d'esprit, et pour comprendre que la loi qui ne parut qu'après Moïse était cependant la loi éternelle. 2 Vous la trouvez annoncée dans un des psaumes ( le 18e ) ; vous y lisez que les préceptes du Seigneur qui donnent la sagesse sont plus doux que le miel le plus délicieux: ce qui le prouve, c'est que nous affronterions la mort plutôt que d'abjurer son saint nom. Nous lui demandons avant toute chose, comme on le sait, d'être préservés des ennemis cachés, c'est-à-dire des esprits pervers et trompeurs, comme le prophète le dit en termes figurés, quand il fait parler dans ce psaume ceux qui croient au Christ, et pour échapper aux attaques de ces ennemis du culte de Dieu, je veux dire 3 les mauvais génies que nous adorions autrefois, nous demandons au Seigneur par Jésus-Christ, son fils, qu'il nous conserve purs et sans tache, après nous avoir fait connaître la vérité. Nous appelons le Christ notre soutien, notre Sauveur, lui dont le nom seul fait trembler les démons. Ne voyez-vous pas qu'en effet, au seul nom de Jésus, crucifié sous Ponce-Pilate, les démons sont chassés et vaincus? Et quelle preuve plus évidente de la puissance qui lui fut donnée par Dieu le père, que de voir son nom et les mérites de sa passion terrasser les puissances de l'enfer?

Chapitre XXXI

1 Si telle est la force attachée aux mérites de ses souffrances, quelle est donc celle qu'il déploiera lors de son glorieux avènement?
Il viendra du haut des nuées comme le Fils de l'homme, a dit Daniel, et les anges formeront son cortège. 2 Écoutez les paroles du prophète :
« Je regardai jusqu'à ce que les trônes furent placés, et l'ancien des jours s'assit; son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête comme une laine pure, son trône comme la flamme du feu, et ses roues comme un feu ardent, et un fleuve de feu sortait rapidement de sa face, mille millions le servaient, et dix mille millions étaient devant lui. Le jugement s'assit et les livres furent ouverts. 3 Je regardais à cause de la voix des grandes paroles que la corne proférait, et je vis que la bête fut tuée et que son corps fut déchiré et fut livré pour être dévoré par le feu, et que la puissance des autres bêtes leur fut ôtée, et que le temps de la vie leur fut donné jusqu'à un certain jour et un temps marqué. Je regardais donc en la vision de la nuit, et voici comme le fils de l'homme qui venait sur les nuées du ciel, et il s'avança jusqu'à l'ancien des jours, et on l'offrit en sa présence, 4 et il loi donna la puissance, l'honneur, et l'empire; et tous les peuples, tribus et langues, le servirent. Sa puissance est une puissance éternelle qui ne sera pas transférée, et son règne ne sera point affaibli. Mon esprit fut saisi d'horreur. Moi, Daniel, je fus effrayé de ces choses, et les visions de ma tête me troublèrent. Je m'approchai de l'un des assistants et lui demandai la vérité de toutes ces choses, et il me donna interprétation des paroles et m'enseigna : Ces quatre grandes bêtes sont quatre royaumes qui s'élèveront de la terre, et ils recevront le royaume du Seigneur le Dieu très-haut, et obtiendront le royaume jusqu'au siècle et au siècle des siècles. 5 Après je voulus soigneusement m'enquérir de la quatrième bête qui était très différente des autres et terrible : ses dents et ses ongles étaient de fer, elle mangeait et brisait, et foulait à ses pieds les restes ; et je m'informai des dix cornes qu'elle avait à la tête et, de l'autre, qui s'était élevée devant laquelle étaient tombées trois cornes; et de cette corne qui avait des yeux et une bouche qui proférait de grandes choses, et cette bête était plus grande que les antres. Je regardais, et voici que cette corne faisait la guerre aux saints et prévalait sur eux, jusqu'à ce que l'ancien des jours fût venu et qu'il eût donné son jugement aux saints du Très-Haut. Et le temps vint et les saints obtinrent le royaume, et il dit ainsi : 6 La quatrième bête sera le quatrième royaume, lequel sera plus grand que tous les royaumes et dévorera toute la terre, et la foulera et la brisera. Mais les dix cornes de ce royaume seront les dix rois, et un antre s'élèvera après eux qui sera plus puissant que les premiers, et il humiliera trois rois. Et il pariera orgueilleusement contre le Très-Haut et il brisera ses saints; et il croira qu'ilpeut changer les temps et les lois, et les hommes seront livrés en sa main jusqu'à un temps et des temps et la moitié d'un temps ; 7 et le jugement interviendra, afin que la puissance lui soit ôtée et qu'il soit brisé, qu'il soit déchiré jusqu'à la fin, et que le règne et la puissance, et la grandeur du royaume qui est sous le ciel, soient donnés au peuple des saints du Très-Haut dont le peuple est éternel, et tous ta rois le serviront et lui obéiront. Ici est la fin de la parole. Moi, Daniel, j'étais fort troublé par mes pensées, et mon visage changea, et je gardais la parole en mon cœur. »

Chapitre XXXII

1 Je m'arrêtai. Alors Tryphon me dit: — Ces passages et d'autres semblables nous forcent de reconnaître qu'un Messie doit venir plein de gloire et de puissance, et qu'il recevra des mains de l'ancien des jours le royaume éternel, en sa qualité de Fils de l'homme; mais votre Christ, celui que vous appelez de ce nom, a été sans gloire, méprisé, au point d'encourir la dernière des malédictions portée par la loi : il a été mis en croix.
2 Je lui répondis: — Si les oracles que j'ai cités n'annonçaient pas qu'il sera sans beauté, qu'on ne pourra raconter sa génération, que les riches mourront à cause de sa mort, que nous serons guéris par ses meurtrissures, qu'il sera conduit à la mort comme un agneau ; si je ne vous avais pas exposé ses deux avènements, l'un où il sera percé par vous, l'autre où vous reconnaîtrez celui que vous avez percé, où toutes vos tribus se lamenteront et mêleront leurs gémissements, où les hommes et les femmes dans leur effroi fuiront de divers côtés, mes paroles pourraient vous paraître obscures et insignifiantes. Aussi, dans toute cette discussion, je ne veux raisonner que d'après les livres que vous regardez comme saints et prophétiques, espérant que le principe de vie confié à ces livres par la grâce du Dieu tout-puissant, pour amener les hommes au salut éternel, opérera la conversion de quelques-uns d'entre vous.
3 Et afin de répandre encore plus de clarté sur l'objet de la discussion, je citerai d'autres oracles, ceux du roi David, où vous verrez que l'Esprit saint donne au Christ le nom de Seigneur, qu'il a été rappelé de la terre au ciel par son père, le maître de toutes choses, et placé par lui à sa droite jusqu'à ce qu'il ait réduit ses ennemis à lui servir de marchepied ; et n'est-ce pas là ce qui s'accomplit depuis que le Christ est ressuscité d'entre les morts et monté aux cieux ? Le temps court à sa fin; il apparaît, il est déjà à la porte, celui qui doit vomir tant de blasphèmes contre le Très-Haut et régner selon Daniel un temps, puis des temps, et déplus un demi-temps. 4 Comme vous ignorez la durée de son règne, tous vous figurez tout autre chose. Par le mot temps, vous entendez une durée de cent années, et d'après votre calcul, il faudrait que l'homme d'iniquité régnât au moins trois cent cinquante ans, en comptant pour deux siècles le pluriel tempora employé par le prophète. 5 Ce n'est pas sans dessein que je me suis permis cette digression; j'ai voulu qu'une fois convaincus que vous n'êtes que des enfants sans intelligence, comme le dit le Seigneur, et bien persuadés de la vérité de ces autres paroles :
« Je ferai un prodige pour remuer ce peuple, je détruirai la sagesse des sages ; j'obscurcirai l'intelligence de ceux qui se croient habiles, »
 vous cessiez enfin de vous tromper vous-mêmes et ceux qui vous écoutent, pour ne plus suivre d'autres maîtres que ceux à qui la grâce de Jésus-Christ a communiqué la véritable sagesse. 6 Or, voici les paroles de David :
« Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied. L'Éternel va faire sortir de Sion le sceptre de votre autorité ; vous établirez votre empire au milieu de vos ennemis, les peuples vous obéiront au jour de votre force; au milieu de la splendeur de vos saints, je vous ai engendré avant l'aurore. L'Éternel l'a juré, il ne révoquera jamais son serment; vous êtes le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech. Le Seigneur est assis à votre droite, il écrasera les rois au jour de sa colère. Il jugera les nations, il multipliera la mort, il brisera la tête de celui qui a dominé la terre, il boira en passant l'eau du torrent; c'est pourquoi il lèvera la tête. »

Chapitre ΧΧΧIII

1 Je sais que vous osez dire qu'il ne s'agit ici que du roi Ezéchias; mais les paroles mêmes du texte vont vous prouver combien vous êtes dans l'erreur. Il est dit :
« L'Eternel l'a juré, il ne révoquera jamais son serment; »
et puis:
« Vous êtes le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech. »
 Rappelez-vous encore ce qui suit et ce qui précède. Oserez-vous dire qu'Ezéchias ait été prêtre et piètre éternel ? Ne voyez-vous pas que ces paroles n'ont de sent qu'autant qu'elles s'appliquent à notre Jésus? Mais vos oreilles sont fermées, et vos cœurs aveuglés. 2 C'est à cause de votre incrédulité que le Seigneur a recours au serment, lorsqu'il déclare que le Christ est le pontife selon l'ordre de Melchisédech; voici le sens de ces paroles : De même que Melchisédech, appelé prêtre du Très-Haut par Moïse, fut le prêtre des incirconcis, et bénit Abraham qui avait reçu la circoncision et lui offrit la dîme, de même Dieu déclare que son prêtre éternel, appelé Seigneur par l'Esprit saint, sera le prêtre des incirconcis, et qu'il se plaira à recevoir et à bénir ceux des circoncis qui viendront à lui, c'est-à-dire qui croiront à sa parole et demanderont sa bénédiction. La fin du psaume vous annonce que d'abord il sera pauvre et humilié, puis élevé en gloire; car voyez ce rapprochement :
« Il boira en chemin de l'eau du torrent, et c'est pour cela qu'il lèvera la tête. »
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Dim 17 Sep 2017 - 14:19

Chapitre XXXIV

1 Mais Je veux vous prouver que vous n'entendez en aucune manière les divines Écritures. L'Esprit saint a dicté au roi-prophète un autre psaume, qui ne peut encore s'entendre que du Christ, et dont vous voulez faire l'application à Salomon, qui fut aussi un de vos rois. Il suffit de l'équivoque d'un mot pour vous faire illusion. Parce qu'on y lit celui-ci: « La loi pure du Seigneur, » à l'instant vous croyez qu'il s'agit non de la loi donnée après Moïse, mais de la loi publiée par le ministère de ce législateur, bien que dans ce psaume Dieu vous déclare qu'il donnera une loi nouvelle, un testament nouveau. 2 Et parce que vous usez ensuite ces mots: Donnez votre jugement au roi, comme en effet Salomon fut roi, vous voulez que ce psaume le concerne, lors même que les paroles font entendre si clairement qu'il s'agit d'un roi dont le règne sera éternel, ce qui ne peut s'entendre que du Christ. Car le Christ est ici annoncé avec tous les traits qui le caractérisent, c'est-à-dire et comme rai, et comme prêtre, et comme Dieu, Seigneur, ange, homme, chef d'armée, comme pierre angulaire, comme enfant qui naît, comme homme de douleurs, puis retournant au ciel, venant ensuite avec gloire, et possédant l'empire éternel, 3 ainsi que je vous le prouve d'après toutes les Écritures. Mais pour mieux me faire comprendre, je vais vous citer le psaume tout entier :
« Seigneur, donnez au roi votre jugement, et au fils du roi votre justice. Il jugera votre peuple dans la justice et les pauvres dans l'équité. Les montagnes produiront la paix au peuple, et les collines la justice ; il jugera les pauvres d'entre le peuple, il sauvera les fils du pauvre, il brisera l'oppresseur. Il sera craint autant que dureront le soleil et la lune pendant le cours des générations; il descendra comme la pluie sur l'herbe nouvellement coupée, comme toi gouttes de la rosée sur la terre. 4 La justice se lèvera en ces jours, et l'abondance et la paix; et leur durée égalera celle des astres dans le ciel ; il dominera de la mer jusqu'à la mer, des fleuves jusqu'aux extrémités de la terre; les habitants du désert se prosterneront devant lui, et ses ennemis baiseront la poussière de ses pieds. Les rois de Tarse et les nés lointaines lui apporteront des présents, les princes de l'Arabie et de Saba lui apporteront des offrandes, tous les rois de la terre l'adoreront, et les nations lui seront assujetties, parce qu'il arrachera le pauvre des mains du puissant, le pauvre qui n'avait point d'appui; 5 il sera bon au pauvre et à l'indigent, il sauvera les âmes des pauvres. Il les délivrera de l'usure et des violences, leur sang sera précieux devant loi; il vivra, et l'or de l'Arabie lui sera donné. Il sera l'objet de tous les vœux, on le bénira à jamais. Il sera affermi sur la terre, il s'élèvera sur le haut des montagnes; et les fruits croîtront, ils se multiplieront au sein des villes comme l'herbe de la prairie. 6 Son nom sera béni dans tous les siècles, son nom dorera autant que le soleil ; toutes les nations de la terre seront bénies en lui, toutes les nations le glorifieront. Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, qui seul opère les merveilles ! Béni soit à jamais le nom de sa gloire ! toute la terre sera remplie de sa majesté! Qu'il soit ainsi, qu'il soit ainsi ! »
A la fin de ce psaume, on lit ces paroles :
« Ici finissent les hymnes de David, fils de Jessé. »
7 Je conviens avec vous que Salomon fut un grand roi, qu'il a jeté un grand éclat, que sous lui fut bâti ce superbe édifice que vous appelez le temple de Jérusalem. Mais il est évident qu'on ne peut loi appliquer aucune des paroles de ce psaume. Tout l'univers l'a-t-il adoré ? A-t-il étendu son empire jusqu'aux extrémités de la terre ? Tous ses ennemis se sont-ils prosternés devant lui? Les rois sont-ils venus baiser la poussière de ses pieds ? 8 Permettez-moi de rapporter ce qu'il est dit de lui dans le livre des Rois. N'y lisez-vous pas que, pour plaire à une femme qu'il aimait, il adora les dieux de Sidon? Et voilà ce qu'on ne verra jamais faire à ceux des gentils auxquels Jésus-Christ a fait connaître le Dieu créateur de l'univers : ils endureraient plutôt toutes les tortures, tous les supplices et jusqu'à la mort la plus cruelle, que de fléchir le genou devant les faux dieux, que de manger seulement des viandes offertes aux idoles.

Chapitre XXXV

1 — Cependant, reprit Tryphon, j'entends dire que plusieurs de ceux qui confessent le Christ, et qu'on appelle Chrétiens, mangent de ces viandes et prétendent ne contracter aucune souillure.
2 Je lui répondis: — Ce sont des hommes qui, tout en se disant Chrétiens, tout en confessant que Jésus crucifié est le Seigneur et le Christ, ne suivent point sa doctrine, mais celle des esprits de ténèbres ; et par là même qu'il existe des hommes de ce caractère, nous ses disciples attachés à la doctrine véritable et pure, nous n'en sommes que plus fermes, pins inébranlables dans la foi qu'il nous a enseignée. Car nous voyons de nos propres yeux se réaliser ce qu'il avait lui-même prédit :
3 « Plusieurs viendront en mon nom couvert de peaux de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravissants. »
Ailleurs il est dit :
« Qu'il y aurait des schismes et des hérésies. »
Dans un autre endroit vous lisez encore ces paroles :
« Gardez-vous des faux prophètes qui viendront à vous couverts d'une peau de brebis, loups ravissants au-dedans; »
et enfin :
« On verra s'élever plusieurs antechrists, plusieurs faux prophètes qui séduiront un grand nombre de fidèles. »
4 Il y a eu et il existe encore, mes amis, beaucoup de ces hommes qui, sous le nom de Jésus, enseignent les plus monstrueuses impiétés : nous les désignons par le nom de sectes et des hérésies dont ils ont été les auteurs; 5 car chacun d'eux enseigne à sa manière ses affreux blasphèmes contre le Dieu créateur de toutes choses, contre le Christ, dont ce Dieu avait annoncé la venue, contre le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Nous ne communiquons point avec ces hommes, nous les savons injustes, impies, athées, sans loi; ils n'adorent point le Christ, ils ne le confessent qu'en paroles ; ils ressemblent aux gentils, qui impriment le nom de Dieu sur les ouvrages de leurs mains ; 6 ils se parent du nom du Christ, et ils participent à des sacrifices impies, abominables. Les uns s'appellent marcionites, les autres valentiniens, ceux-ci basilidiens, ceux-là satorniliens.
7 Nous sommes certains que Jésus-Christ voyait dans l'avenir ce qui arriverait après lui ; témoins les paroles que nous avons citées, et ses prédictions sur le sort réservé à ceux qui croient en lui et confessent son nom; car il nous avait annoncé tout ce que nous avons à souffrir aujourd'hui de la part de nos proches, qui nous font une guerre à outrance et nous mettent à mort, de sorte qu'on ne peut le trouver en défaut sur rien de ce qu'il a dit ou fait. 8 Voilà pourquoi nous prions pour vous et pour tous ceux qui nous haïssait:nous demandons que touchés de repentir, à notre exemple, vous rentriez en vous-mêmes, vous cessiez vos blasphèmes contre Jésus-Christ, que sa doctrine, les oracles qui l'ont annoncé, les œuvres, et les prodiges qui s'opèrent en son nom vous montrent si pur et si saint ; et que devenus ses disciples, vous obteniez le salut au jour de son second avènement, lorsqu'il apparaîtra dans toute sa gloire, au lieu d'entendre de sa bouche la sentence qui vous condamnerait à un feu éternel.

Chapitre XXXVI

1 — Eh bien ! dit Tryphon, supposons les choses comme vous le dites : j'admets que le Christ soit la pierre angulaire; je vous accorde que les oracles aient annoncé qu'il devait souffrir, mais qu'après son premier avènement il reparaîtrait environné de gloire, qu'il jugerait tous les hommes, qu'il serait le roi, le père éternel; mais prouvez-moi que votre Jésus est bien le Christ que les prophètes ont ainsi annoncé.
2 — Volontiers, lui dis-je; j'arriverai en temps et lieu aux preuves que vous me demandez. Mais, dans ce moment, permettez-moi de nouvelles réflexions sur les prophéties qui nous apprennent que le Christ a été appelé Seigneur et Dieu des vertus, Dieu de Jacob; et que vos docteurs sont des insensés, pour me servir de l'expression de l'Écriture, lorsqu'ils prétendent que toutes ces paroles doivent s'entendre, non du Christ, maiσ de Salomon, parce que celui-ci fit transporter l'arche d'alliance dans le temple qu'il avait élevé. 3 Le psaume que je vais citer est de David :
« La terre et tout ce qu'elle renferme est au Seigneur, l'univers et tout ce qui l'habite est à lui; c'est lui qui l'a affermi au milieu des mers et qui l'a élevé au-dessus des fleuves. Qui montera sur les montagnes du Seigneur ? qui s'arrêtera dans son sanctuaire?
Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, qui n'a pas reçu son âme en vain, qui n'a jamais été parjure, celui-là recevra la bénédiction du Seigneur, 4 et obtiendra la miséricorde de Dieu son Sauveur. Telle est la race de ceux qui cherchent le Seigneur, qui cherchent votre présence, Dieu de Jacob. Ouvrez-vous, ô portes éternelles, et le roi de gloire entrera. Quel est-il ce roi de gloire? C'est le Seigneur, le fort, le puissant dans les combats. Ouvrez-vous, portes, ouvrez-vous, portes éternelles, et le roi de gloire entrera. Quel est-il ce roi de gloire? C'est le Seigneur, le Dieu des vertus : c'est lui qui est le roi de gloire. »
5 Je vous ai déjà montré que Salomon n'était pas le Seigneur des vertus. Ce psaume ne peut s'entendre que de notre Christ, qui remonta vers les cieux après sa résurrection. Alors Dieu commanda aux princes «de la milice céleste rangés par ordre d'ouvrir les portes du ciel, afin que le roi de gloire y fît son entrée, et que s'élevant jusqu'au trône de son père, il vint s'asseoir à sa droite, jusqu'à ce qu'il ait réduit ses ennemis à lui servir de marchepied, ainsi que nous l'avons dit ailleurs. 6 Mais les puissances du ciel, ne le reconnaissant pas dans l'état pauvre, humble, abject où elles le voient, demandent et s'écrient :
« Quel est donc ce roi de gloire? »
Alors l'Esprit saint leur répond au nom de Dieu le père et en son propre nom :
« Le Seigneur, le Dieu des vertus, c'est loi qui est le roi de gloire. »
 De tous ceux qui se trouvaient à la porte du temple qui osa faire l'application de ces paroles, quel est ce rai de gloire, soit à l'arche d'alliance, soit à Salomon, dont le règne fut d'ailleurs si glorieux? Personne, vous en conviendrez avec moi.
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Mar 20 Mar 2018 - 18:36

Chapitre XXXVII.

1 Les transports d'allégresse qu'exprime le psaume quarante-sixième se rapportent encore au Christ : « Dieu s'élève au bruit des acclamations, le Seigneur s'élève au son de la trompette. Chantez notre Dieu, chantez, célébrez notre roi; célébrez-le, parce que Dieu est le roi de la terre; chantez, comprenez ses merveilles. Dieu règne sur les nations, il est assis sur le trône de sa sainteté. Les princes des peuples se sont unis au Dieu d'Abraham, parce que les forts suivant Dieu sont grandement élevés sur la terre. »

2 Dans le psaume quatre-vingt-dix-huitième, l'Esprit saint, parmi les reproches qu'il vous adresse, déclare que celui que vous refusez de reconnaître pour roi est bien le roi, le Seigneur de Samuel, d'Aaron et de Moise, et de tous les patriarches. 3 Voici les paroles de ce psaume :

« Jéhovah a régné, que les peuples tremblent ! Il est assis sur les chérubins; que la terre soit émue ! Jéhovah est grand en Sion, il est élevé au-dessus de tous les peuples ; que tous confessent son nom, son nom grand, saint et terrible. La force du roi chérit la justice ; c'est vous qui en avez établi les lois ; vous avez rendu vos jugements et la justice au milieu de Jacob. Célébrez le Seigneur notre Dieu, prosternez-vous devant son marchepied, car il est le saint. 4 Moïse et Aaron ont été ses ministres. Samuel est de ceux qui invoquent son nom. Ils invoquaient le Seigneur, dit l'Écriture, et il les exauçait, et du milieu d'une colonne de nuages il parlait avec eux, parce qu'ils gardaient ses oracles et observaient les lois qu'il leur avait données. Jéhovah notre Dieu, tu les exauçais : tu fus propice à leurs prières et tu vengeas les outrages dont on les accablait. Exaltez Jéhovah notre Dieu, prosternez-vous devant sa sainte montagne ; il est le saint, Jéhovah notre Dieu. »
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Mar 20 Mar 2018 - 18:37

Cjhapitre XXXVIII.

1 — Nous ferions bien, dit alors Tryphon, d'obéir à nos docteurs, qui nous défendent expressément tout rapport avec vous, pour n'être pas exposés à entendre un pareil langage; car vous proférez là bien des impiétés, quand vous voulez nous persuader que votre crucifié conversa avec Moïse et Aaron, qu'il leur parla du sein de la colonne de nuées, qu'ensuite il s'est fait homme, qu'il a été mis en croix, qu'il est monté au ciel, qu'il paraîtra de nouveau sur la terre, qu'enfin il faut l'adorer.

2 Je sais, lui répondis-je, et les divines Écritures me rapprennent, que ce grand mystère de la sagesse du Dieu tout-puissant et créateur de tous les êtres vous est encore caché; aussi je vous plains du fond de mon cœur, et pénétré pour vous de la plus vive compassion, je tâche autant qu'il est en moi de faire entrer dans votre esprit ces vérités qui, je le sais, heurtent de front toutes vos idées. Je fais en sorte d'être au moins trouvé sans reproche au jour du jugement. Mais vous entendrez bien d'autres choses encore plus contraires à vos préjugés. Loin de vous en irriter, prêtez-moi une oreille plus attentive; interrogez-moi avec plus d'empressement Laisses là l'enseignement de vos maîtres; c'est à eux que le Saint-Esprit fait le reproche de ne pouvoir comprendre la doctrine de Dieu et de vouloir avant tout enseigner la leur.

3 Voici ce qui est encore dit du Christ dans le psaume quarante-quatrième :

« Mon cœur ne contient plus l'heureuse parole, c'est au roi que j'adresse mes cantiques, ma langue obéit comme la plume à l'écrivain rapide; vous surpassez en beauté les plus beaux des enfants des hommes; la grâce est répandue sur vos lèvres, parce que le Seigneur vous a béni pour l'éternité. Armez-vous de votre glaive, ô le plus puissant des rois! revêtez-vous de votre éclat et de votre gloire, et dans votre majesté marchez à la victoire; montez sur le char de la vérité, de la clémence et de la justice, et votre droite se signalera par des merveilles; les flèches sont brûlantes; les peuples tomberont à vos pieds, elles perceront au cœur les ennemis de mon roi. 4 Votre trône, ô Dieu, est un trône éternel ; le sceptre de l'équité est le sceptre de votre empire ; vous aimez la justice et vous haïssez l'iniquité ; c'est pourquoi, ô Dieu, votre Dieu vous a sacré d'une onction de joie, au-dessus de tous ceux qui doivent y participer. La myrrhe, l'ambre et le sandal s'exhalent de vos vêtements et des palais d'ivoire qui font vos délices, les filles des rois font votre gloire. La reine, votre épouse, est restée debout à votre droite revêtue de l'or d'Ophir; écoutez, ô ma fille, voyez et prêtez une oreille attentive, et oubliez votre peuple et la maison de votre père, et le roi sera épris de votre beauté; c'est lui qui est votre Dieu, prosternez-vous devant lui, 5 les filles de Tyr viendront vous offrir des présents et les grands de la terre imploreront vos regards ; toute la gloire de la fille du roi vient de son cœur; ses vêtements sont resplendissants d'or et de broderie, à sa suite paraîtront une multitude de vierges ; ô roi, les compagnes de la vierge vous seront présentées. On les amènera avec joie, avec allégresse; on les introduira dans le palais du roi. A la place de vos pères, il vous est né des enfants : vous les établirez princes sur toute la terre ; ils perpétueront le souvenir de votre nom, et les peuples vous glorifieront dans les siècles et dans l'éternité. »
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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

Message  psaume23.1 le Mar 20 Mar 2018 - 18:38

Chapitre XXXIX.

1 Il n'est pas étonnant, continuai-je, que vous poursuiviez de votre haine des hommes qui comprennent le sens de ces paroles et qui réfutent si victorieusement celui que veulent y attacher vos cœurs endurcis. Élie, parlant an Seigneur, disait de vous :

« Seigneur, ils ont mis à mort vos prophètes et renversé vos autels ; je suis resté seul, et ils me cherchent pour m'ôter la vie. »

Et Dieu lui répondit :

« Il me reste encore sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal. »

2 C'est en leur faveur, comme vous le voyez, que Dieu, à cette époque, ne fit point éclater sa colère. Eh bien ! s'il a retenu et s'il retient encore aujourd'hui les coups de sa justice, c'est qu'il sait que tous les jours quelques-uns des vôtres peuvent sortir des voies de l'erreur et embrasser la doctrine de Jésus-Christ. Après les avoir éclairés par son fils, il répand sur eux ses dons selon qu'il les en juge dignes. L'un reçoit le don de sagesse, l'autre d'intelligence; celui-là l'esprit de force, celui-ci la vertu de guérir, cet autre la connaissance de l'avenir ; les uns ont la science, les autres la crainte de Dieu!

3 — Mais savez-vous bien, s'écria Tryphon, que vous perdez la raison, que vous êtes frappé de folie?

4 — Non, mon ami, lui répondis-je, je ne suis pas dans le délire, je ne déraisonne pas. Écoutez-moi : n'a-t-il pas été prédit que le Christ, lorsqu'il serait monté au ciel, nous emmènerait à sa suite, loin des voies de Terreur, et répandrait sur nous ses dons ? D'ailleurs, voici les paroles même de la prophétie :

« Il est monté au plus haut des cieux, traînant après lui de nombreux captifs ; et ses dons, il les a répandus sur les hommes. »

5 C'est à la faveur de ces dons répandus sur nous par le Christ, après son retour vers les deux, que nous pouvons vous prouver, les prophéties à la main, que vous qui êtes sages à vos yeux et qui ne croyez qu'à votre prudence, vous êtes seuls dans le délire; que c'est des lèvres seulement que vous honorez Dieu et son Christ ; pour nous qui sommes en possession de toute la vérité, c'est par nos œuvres que nous l'honorons ; c'est de cœur, c'est d'esprit, c'est par le sacrifice même de notre vie, s'il le fallait. 6 Qui vous empêche donc de reconnaître que Jésus est bien le Messie, le Christ promis, ainsi que vous pouvez vous en convaincre et par les divines Écritures que vous avez entre les mains, et par les événements qui s'accomplissent sous vos yeux, et par les prodiges qui s'opèrent en son nom ? Peut-être craignez-vous les persécutions des princes qui, poussés par l'esprit mauvais, l'esprit de ténèbres ou le serpent, mettent à mort ceux qui confessent le nom de Jésus-Christ et ne cesseront de les poursuivre jusqu'à ce qu'il apparaisse de nouveau, qu'il détruise tous ses ennemis et qu'il rende à chacun selon ses œuvres.

7 — Non, dit Tryphon, nous n'avons pas cette crainte ; nous voulons seulement des preuves qui nous convainquent que celui qui, selon vous, fut crucifié et s'éleva vers le ciel, est bien le Christ de Dieu. Je vous accorde que les Écritures nous annoncent la venue d'un Messie qui doit souffrir, reparaître environné de gloire, recevoir de son père un empire éternel sur toutes les nations, s'assujettir tous les peuples; vous nous l'avez assez prouvé par tous les passages des livres saints que vous nous avez cités. Montrez-nous enfin que votre Jésus est bien ce Christ promis.

8 — Pour ceux qui veulent comprendre, lui dis-je, la chose est déjà prouvée par ces concessions mêmes; ne nous croyez pas embarrassés et dans l'impuissance de vous donner les preuves directes que vous demandez. Je vous les donnerai quand il sera temps, ainsi que je vous l'ai promis. Pour le moment, je reprends la suite de mes idées.
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psaume23.1

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Re: Discour avec Tryphon (Texte du 2 ieme siecle, sous forme de dialogue entre un chretien et un juif) sujet; Ancienne et Nouvelle Alliance

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